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Dossiers

De l’intelligence partagée à l’intelligence valorisée

Par Felipe Henao, Senior Product Manager chez Talend

Publication: 19 août

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Si le partage est une valeur que l’on enseigne aux enfants dès leur plus jeune âge, il est également compréhensible de ne pas vouloir tout partager...
 

Alors quand on commence à lire que le partage des données devient un impératif business pour les organisations, on se dit que partager ses données est loin d’être aussi facile que de partager un jouet.

Dans n’importe quel projet data, les organisations et les professionnels des données sont tiraillés entre la valeur et le retour sur investissement du projet d’un côté, et les capacités d’une équipe et d’une organisation à assurer une gouvernance adéquate et nécessaire de l’autre. Le partage des données n’échappe pas à la règle. Si la pandémie de Covid-19 a mis en lumière les bénéfices d’un partage de données à grande échelle pour accélérer l’innovation, les projets de data sharing dans les entreprises peinent à éclore.

Quand le secteur public ouvre la voie de l’intelligence partagée

La technologie et les données sont désormais au cœur des agendas et préoccupations politiques, avec l’apparition du Web 2.0 et du Web social, dont les internautes sont devenus de véritables acteurs.

La mise en place du règlement général sur la protection des données (RGPD) par l’Union Européenne a marqué un nouveau tournant dans le numérique, ouvrant la voie à une industrie de la donnée plus responsable et plus transparente. L’UE souhaite faire du numérique un pilier du développement économique et accroitre l’innovation ; dans ce but, de nouvelles initiatives et propositions émergent comme le Data Governance Act.

Cette dernière fournit un cadre pour organiser le partage des données et favoriser ainsi l’innovation et l’intelligence collective au service de la société dans son ensemble. Les applications Covid mises en place dans les différents pays illustrent bien ce phénomène : les citoyens ont accès à des données sur l’évolution de la pandémie et sont incités à se déclarer en cas de test positif pour alerter les personnes qui auraient été en contact. Servir l’intérêt de tous est également l’enjeu des initiatives open data gouvernementales ; les données sont mises à disposition gratuitement pour favoriser l’innovation. Les utilisations sont nombreuses comme dans le transport ou l’urbanisme, où des applications routières comme Waze intègrent des données publiées sur les travaux de voiries pour fournir à leurs utilisateurs un état des lieux en temps réel des conditions routières.

Démocratiser l’accès à la donnée

Si les organisations privées comprennent la valeur stratégique du partage des données, les barrières existantes rendent difficile son opérationnalisation. Les problèmes rencontrés sont communs à chaque projet data : la technologie et sa mise en œuvre, la confiance et la gouvernance des données, et la culture de l’organisation.

D’un point de vue technologique, une stratégie de partage de données repose sur des API. Les organisations du secteur public utilisent et publient majoritairement des API ouvertes et disponibles sans restriction dans le cadre de projets d’Open Data ; les organisations du secteur privé, de leur côté, utilisent essentiellement des API privées (internes à l’organisation) ou « partenaires », en appliquant des règles d’accès spécifiques. Le développement d’API constitue la première barrière à la mise en place d’une stratégie de partage des données. Pour développer des API, il faut des ressources, en particulier des développeurs, et du temps, car le développement d’une API peut prendre entre trois et cinq jours. Néanmoins, de nouvelles technologies et pratiques permettent aujourd’hui de simplifier ce processus. Les consommateurs d’API comme les data analysts peuvent utiliser des outils qui mettent à disposition des librairies d’API standards, comme celles permettant par exemple de partager des données entre SAP et Salesforce ; en seulement une heure, un data analyst peut publier une API et avoir accès aux informations dont il a besoin. L’accès aux données est alors géré automatiquement depuis l’outil mettant à disposition les API. Ce type de consommation en self-service augmente l’efficacité des processus tout en garantissant une maitrise des accès.

Pour pouvoir effectivement valoriser et monétiser les données à l’occasion de leur partage, elles doivent être fiables et gouvernées. Pourtant, selon une étude réalisée en 2021, assurer la qualité des données est un défi pour 50% des responsables métiers. Les organisations ne peuvent pas aller plus loin dans le cycle de vie de leurs données sans s’assurer de leur santé, depuis leur création jusqu’à leur utilisation, et sans contrôler de manière constante leur qualité. Leur accès doit être défini et elles doivent s’inscrire dans un cycle de gouvernance grâce à l’utilisation de technologies de qualité des données et de data cataloging, qui garantit la sécurité des données partagées. Si le cadre instauré par la future règlementation européenne favorise le partage des données de manière sécurisée, certains secteurs ont été précurseurs en la matière, comme celui du commerce et de la distribution, qui ont mis en place des systèmes centralisés de partage des données comme les « data clean rooms » dans lesquels les données sont cryptées et anonymisées, accessibles depuis un espace clos ; une sorte de data lake dans le cloud ou sur site avec des règles de gestion des accès et de gouvernance. Les sociétés de la Fintech ont également développé des modèles de partage de données performants comme Lydia qui, en s’associant à Bitpanda, permet à ses utilisateurs d’investir dans de la cryptomonnaie en quelques clics.

Cependant, dans un monde où la notion « d’ownership » des données est omniprésente, la culture data de l’organisation reste peut-être la barrière la plus importante. Les projets de partage des données sont principalement impulsés par les métiers marketing, commercial ou finance. Les métiers doivent alors éduquer l’IT sur les bénéfices du partage des données et la nécessité de fournir un cadre sécuritaire et des leviers technologiques. Encore faut-il pouvoir se comprendre et déverrouiller les silos. Est-ce le rôle du Chief Data Officer de conduire ce nouveau changement data ou cela doit-il directement venir du comité de direction ? Verra-t-on un jour un Chief Data Sharing Officer ? Ce qui est sûr c’est que le partage des données est également un moyen de favoriser la « data literacy » au sein d’une organisation, car les technologies sont souvent plus agiles et les cas d’usage métiers beaucoup plus concrets par les non spécialistes ; un moyen d’impliquer les collaborateurs, de les fédérer et de les former un peu plus aux données.

Bien que le partage des données soit devenu une évidence pour beaucoup d’organisations et que des projets voient le jour, leur succès reposera au final sur une transparence des données partagées envers les clients et consommateurs.

https://www.talend.com/

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