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Actualité des entreprises

Kubernetes, la pierre angulaire d’une indépendance numérique retrouvée

Par Gaspard Plantrou, Chief Product Officer chez Numspot

Publication: 22 janvier

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L’essor des fournisseurs de services cloud a profondément bouleversé le paysage logiciel, entraînant dans son sillage une dépendance accrue à des environnements propriétaires...
 

Lorsque les applications et les données sont confiées à une plateforme unique, la maîtrise de l’écosystème numérique peut aisément s’échapper. La question centrale devient alors celle de l’équilibre entre la promesse d’efficacité du cloud et l’exigence croissante d’autonomie et de souveraineté numérique. Dans ce contexte, Kubernetes s’impose comme une réponse à la fois technique et stratégique : une structure ouverte permettant de standardiser l’exécution des workloads et de renforcer la souveraineté numérique en réduisant la dépendance aux fournisseurs.

De Google à la CNCF : la genèse d’un standard universel

Issu de l’expérience de Google à travers les projets Borg et Omega, Kubernetes a été lancé en 2014 en open source avant d’être confié à la Cloud Native Computing Foundation (CNCF). Cette filiation explique sa robustesse à grande échelle et sa conception “production-grade”, pensée pour des environnements critiques. Sa diffusion rapide s’appuie sur la standardisation de la containerisation, une communauté mondiale très active et un écosystème d’outils tels que CNI, CSI ou Helm, qui ont uniformisé les pratiques DevOps. Kubernetes a ainsi mis fin à la fragmentation des outils et simplifié le déploiement d’applications complexes.

En apportant un modèle unifié pour orchestrer les conteneurs, automatiser les déploiements et garantir la reproductibilité des environnements, Kubernetes s’est imposé comme la référence mondiale. Selon la CNCF, en 2024, près de 80 % des entreprises membres utilisaient Kubernetes en production, contre 50 % pour la simple containerisation. Ce chiffre illustre sa position centrale dans l’architecture cloud-native moderne.

Consolider l’indépendance grâce à l’abstraction

L’une des contributions majeures de Kubernetes réside dans la mise en place d’une couche d’abstraction universelle entre les applications et l’infrastructure. Grâce à ses API (Pods, Services, Deployments), une même application peut être exécutée sur un cluster interne, un cloud public ou une infrastructure souveraine. Kubernetes a instauré un langage commun pour le déploiement et l’exécution des applications, contrastant que les différentes API, formats et outils d’automatisation imposés auparavant par chaque fournisseur.

En standardisant les processus, Kubernetes libère les équipes techniques des contraintes liées aux solutions propriétaires, et redonne une plus grande autonomie stratégique aux organisations pour sélectionner un fournisseur selon des critères de performance, de conformité ou de localisation, sans risquer de devoir tout reconstruire. Bien que certains services managés ou systèmes de stockage conservent leurs spécificités, le risque de verrouillage technologique se trouve considérablement réduit. Le choix d’un fournisseur de cloud devient dès lors réversible.

Migrer sans s’enfermer

La portabilité de Kubernetes est réelle et permet aux entreprises de réaliser des migrations bien moins traumatisantes qu’avant. En contrepartie, elle exige des choix d’architecture portant sur le stockage, les sauvegardes ou encore les abstractions sur les services managés, pour éviter de recréer un nouveau verrou.

Toutefois, si Kubernetes est bien open source, cela ne garantit pas l’absence totale de verrouillage, car les acteurs peuvent proposer des outils propriétaires autour de la technologie. C’est donc à ce niveau que doit se renforcer l’engagement envers l’open source. Au-delà du simple fait d’utiliser Kubernetes, il est aussi important de comprendre son fonctionnement, de combiner son usage avec des bonnes pratiques, comme le respect des standards CSI/CNI ou la pratique de sauvegardes, et d’éviter les solutions propriétaires non maîtrisées en favorisant l’usage de l’open source.

L’indépendance numérique passe par l’adoption de standards ouverts, par la compréhension des mécanismes logiciels mais aussi par l’instauration d’une discipline architecturale : Kubernetes constitue la brique centrale de cet écosystème. Les utilisateurs pourront prendre le contrôle de leur destin numérique en comprenant mieux sa façon de fonctionner et en améliorant leur maîtrise des outils.

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