Ksaar, éditeur français de logiciels no-code, accompagne l’Agence du numérique des forces de sécurité intérieure (ANFSI) dans la structuration de son écosystème low-code / no-code. Dans un contexte de transformation numérique accélérée et de défis croissants en matière de sécurité et de conformité, ce projet illustre la volonté des institutions publiques de concilier autonomie des métiers et maîtrise de leurs systèmes d’information, en s’appuyant sur des solutions souveraines.
Face à l’explosion des besoins de la police et de la gendarmerie nationales, les délais de développement classiques ne suffisent plus. Cette urgence a favorisé l’émergence du Shadow IT : des outils créés localement, hors de tout contrôle. Si ces initiatives répondent à un besoin immédiat, elles menacent la sécurité et la maintenabilité des systèmes.
À ces enjeux s’ajoute une complexité technique et réglementaire importante. L’intégration aux systèmes d’authentification, la gestion des accès, les exigences de cybersécurité ou encore les contraintes liées au RGPD constituent autant de barrières pour les équipes métiers. Dans ce contexte, de nombreuses idées peinent à se concrétiser, non par manque de pertinence, mais faute de cadre adapté.
L’ANFSI, en charge des systèmes d’information de la police et de la gendarmerie nationales, a donc choisi de structurer ces pratiques. Son objectif est clair : transformer des projets isolés en une force technologique souveraine, agile et parfaitement maîtrisée. Il s’agit aussi d’élargir le potentiel d’innovation interne par des solutions qui n’exigent pas de compétences en développement informatique.
Pour répondre à ces défis, l’ANFSI a mené une étude approfondie portant sur plusieurs dizaines de solutions d’éditeurs low Code-No Code. A coté de la solution interministérielle Grist également utilisée par l’ANFSI (qui répond à des besoins différents), Ksaar a été retenu pour son équilibre entre performance et accessibilité, mais également la pertinence de ses choix techniques et stratégiques. Ces derniers assurent une offre complète et en amélioration constante, ainsi qu’un modèle économique aussi soutenable pour de grandes organisations qu’accessible pour des plus petites. Son positionnement en tant qu’acteur 100 % français est, enfin, un facteur clé.
Ce choix s’inscrit dans une réflexion plus large autour de la souveraineté numérique. Dans un environnement où la maîtrise des données et des infrastructures devient stratégique, l’adoption d’une solution française permet de limiter les dépendances technologiques et de garantir un meilleur contrôle des usages. L’ANFSI projette d’ailleurs à court terme l’hébergement d’une instance interne, afin de renforcer encore cette maîtrise et d’adapter pleinement l’outil à ses contraintes opérationnelles. Elle complétera l’instance externe, opérée en mode Saas par Ksaar,qui sera la seule ouverte sur internet pour les projets qui le nécessitent.
Au-delà de la technologie, la démarche vise à structurer une véritable capacité interne. La mise en place d’un centre de compétences, l’accompagnement des utilisateurs et le développement d’une communauté de “citizen developers” doivent permettre de diffuser ces pratiques à grande échelle, tout en conservant un cadre sécurisé.
L’expérimentation, lancée fin 2024, a déjà permis de former plusieurs dizaines d’utilisateurs et de lancer les premiers projets. Si le déploiement reste progressif, la dynamique est bien engagée et suscite un intérêt croissant en interne.
Le no-code apparaît ici non pas comme une rupture, mais comme un levier structurant pour faire évoluer les pratiques. En simplifiant la création d’applications tout en intégrant nativement les exigences de sécurité et de conformité, il permet de rendre l’innovation accessible sans exposer l’organisation à des risques supplémentaires.
En s’appuyant sur Ksaar, l’ANFSI pose ainsi les bases d’un modèle équilibré, où autonomie des métiers, exigence de sécurité et souveraineté numérique ne s’opposent plus, mais se renforcent mutuellement.