Depuis plusieurs mois, les incidents cyber s’accumulent. Après la DGFiP, ciblée par une fuite de données concernant des centaines de milliers de contribuables, l’Éducation nationale fait à son tour l’objet d’une revendication de piratage massif. Ces nouveaux épisodes s’ajoutent à une série d’incidents qui touchent des organisations publiques et privées en France.
Pourtant, le débat public reste focalisé sur les groupes cybercriminels, les rançongiciels et la souveraineté technologique. Rarement sur ce qui se passe à l’intérieur des organisations.
Car derrière chaque faille technique se cache souvent une faille humaine et organisationnelle. Selon notre dernier The Impact of Digital Friction, 28 % des salariés admettent utiliser des appareils ou logiciels personnels lorsque la technologie d’entreprise dysfonctionne. Plus préoccupant encore : 40 % ne font pas confiance à leur équipe IT pour résoudre efficacement leurs problèmes, et 52 % doutent même de la capacité de leur organisation à protéger leurs données.
Ce phénomène, le Shadow IT, n’est pas une anomalie. C’est le symptôme d’une tension permanente entre productivité et sécurité. Une tension que les chiffres traduisent crûment : la friction numérique coûte en moyenne un peu plus d’1 jour de travail perdu par mois et par salarié. Assez pour que le contournement devienne un réflexe.
« Le vrai risque, ce n’est pas toujours l’attaquant extérieur. C’est l’organisation qui a créé assez de friction pour que ses propres collaborateurs cherchent à la contourner », analyse David Dupuis, Country Leader France chez TeamViewer.
Dans des secteurs sous tension, la priorité opérationnelle prime systématiquement sur la rigueur IT. Les mesures de sécurité sont perçues comme des contraintes, pas comme des protections. Résultat : 64 % des salariés subissent des mises à jour ou redémarrages forcés en plein travail, autant d’interruptions qui alimentent la défiance envers les systèmes officiels et poussent vers des alternatives non sécurisées.
« La cybersécurité ne peut plus être pensée uniquement comme un problème technique. Elle doit devenir une question d’expérience utilisateur, de design organisationnel et de confiance », conclut David Dupuis.