Il y a trente ans, Internet et les attaques par déni de service distribué (DDoS) n’en étaient qu’à leurs balbutiements, la première attaque par inondation SYN (SYN Flood), un vecteur encore fréquent aujourd’hui, ayant été signalée en 1996. Deux décennies plus tard, en octobre 2016, des attaquants ont militarisé des objets connectés du quotidien pour déchaîner une vague record de trafic malveillant : le botnet Mirai. L’attaque contre Dyn a paralysé les plateformes et les services de plusieurs grandes marques, scellant définitivement cet assaut et le nom de Mirai dans l’histoire des DDoS.
« En observant les attaques DDoS au cours des trente dernières années, il est frappant de voir à quel point elles ont évolué. Dans les années 2000, nous assistions à des attaques directes issues de PC infectés. La période 2010-2022 a ensuite été dominée par les attaques par amplification. Aujourd’hui, nous voici revenus à l’ère des attaques directes, propulsées cette fois par de vastes botnets d’objets connectés (IoT). L’ampleur, la fréquence et la complexité des attaques actuelles ont changé de manière incommensurable, mais certains schémas demeurent identiques ou refont surface, selon le point de vue.
Au cours des trois dernières décennies, nous avons vu les attaquants passer de simples assauts volumétriques à des campagnes d’attaques multi-vecteurs complexes. Les attaques d’aujourd’hui sont à la fois plus massives et plus fréquentes que par le passé, et emploient des techniques visant à contourner les défenses, comme le carpet bombing. Les plateformes de DDoS à la demande les plus récentes, qui intègrent des interfaces en langage naturel, dopées à l’IA, pour faciliter leur prise en main, ont éliminé toute barrière technique. Des capacités autrefois réservées à des groupes hacktivistes chevronnés sont désormais à la portée de tous.
La menace DDoS demeure une réalité constante. Les technologies de défense continuent de progresser, mais les attaquants adaptent également leurs tactiques pour déjouer les protections, combinant des volumes massifs (plusieurs térabits ou gigapaquets) et des attaques sur la couche applicative, beaucoup plus difficiles à détecter.
Les organisations peuvent se défendre contre les attaques DDoS en s’appuyant sur un bon renseignement sur la menace (threat intelligence) et des défenses multicouches. Les services de protection DDoS déployés dans le cloud ou fournis par les FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) permettent de protéger les applications et les infrastructures contre les attaques de grande envergure, tandis qu’une capacité d’intervention rapide sur site, capable d’analyser le trafic plus en profondeur, s’avère également indispensable aujourd’hui. »