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Actualité des entreprises

IA et cybersécurité : le danger des décisions basées sur de mauvaises données ?

Assaf Keren, Chief Security Officer chez Qualtrics

Publication: 24 mai

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L’IA prend désormais des décisions qui ont un impact direct sur les individus, qu’il s’agisse de la résolution de problèmes clients, de la détection des risques de départ des collaborateurs ou encore de l’orientation des patients vers les bons professionnels de santé.

Lorsqu’elle dispose du bon contexte, l’IA permet d’apporter la bonne réponse, à la bonne personne, au bon moment. Mais lorsque ce contexte est erroné - manipulé, biaisé ou incomplet - l’IA produit de mauvaises décisions avec le même niveau d’assurance, et à une vitesse qu’aucun humain ne pourrait atteindre. Les conséquences se répercutent alors directement sur les clients, les collaborateurs et la performance de l’entreprise.

Toutes les organisations sont aujourd’hui confrontées à cette réalité. Sans contexte fiable, un agent IA peut partager des données sensibles. Un chatbot peut inventer une réponse qu’un client prendra pour vraie. Un système d’analyse des feedbacks collaborateurs peut identifier la mauvaise personne comme étant à risque, conduisant un manager à prendre une décision déterminante pour une carrière sur la base de données erronées.

Les consommateurs eux-mêmes en sont conscients. Plus de la moitié d’entre eux considèrent que la mauvaise utilisation de leurs données personnelles constitue leur principale inquiétude face à l’usage de l’IA par les entreprises. Dans le même temps, seuls 20 % des collaborateurs utilisent des outils d’IA approuvés par leur entreprise. Autrement dit, des décisions sont déjà prises à partir de données et d’outils que les équipes de sécurité ne peuvent ni voir, ni gouverner, ni considérer comme fiables.

Dans ce monde dominé par l’IA, le véritable risque de sécurité réside donc dans les mauvaises décisions prises avec confiance.

Pourquoi l’approche traditionnelle de la sécurité ne suffit-elle plus ?

Les équipes de sécurité se sont toujours concentrées sur la protection des données : chiffrement, contrôles d’accès, conformité réglementaire. Ces éléments restent importants, mais ont été conçus pour un monde où les données résidaient dans des systèmes où les humains prenaient les décisions.

Ce modèle est en train de disparaître. Désormais, l’IA agit de manière autonome à partir des données. Les équipes de sécurité doivent donc repenser leur approche de la protection des programmes de gestion de l’expérience. Elles doivent notamment comprendre les conséquences concrètes qu’une donnée erronée peut avoir sur l’entreprise, le patient, le client ou le collaborateur lorsque cette donnée alimente des systèmes pilotés par l’IA.

Comment l’IA transforme les enjeux de sécurité dans la gestion de l’expérience

Si une IA est capable de déclencher une action, alors cette action doit être gouvernée. Pour évaluer si leur organisation est réellement préparée, les responsables sécurité doivent aujourd’hui se poser quatre questions clés :

- 1. Quelles décisions métiers cette plateforme influence-t-elle réellement ? Cartographier les intégrations techniques ne suffit plus. Il faut suivre l’ensemble du parcours, depuis l’entrée des données jusqu’au résultat métier final, en passant par tous les workflows automatisés intermédiaires. Dès lors qu’un signal peut déclencher une action, cette connexion doit être encadrée et gouvernée.

- 2. Comment vérifier que les données injectées dans le système sont authentiques ? Les canaux de feedback ouverts ont de la valeur parce qu’ils sont accessibles. Mais cette accessibilité crée aussi des vulnérabilités. Les mécanismes de validation traditionnels ne permettent pas de détecter des manipulations coordonnées ou des biais systémiques. Cela nécessite de comprendre précisément ce qu’est un comportement “normal” dans chaque programme de feedback.

- 3. L’impact business potentiel a-t-il été réellement mesuré ? Lorsqu’un modèle d’IA interprète mal une tendance RH ou agit à partir de feedbacks manipulés, le problème n’est pas uniquement technique : il s’agit d’une mauvaise décision prise avec assurance. Les responsables sécurité doivent être capables d’évaluer cette exposition en termes business, et pas seulement technologiques.

- 4. À quelle vitesse l’organisation peut-elle détecter et corriger un problème ? À mesure que l’IA gagne en autonomie, le délai entre une mauvaise donnée et une mauvaise décision se réduit considérablement. Les systèmes de monitoring doivent donc être capables d’identifier des résultats anormaux en temps réel et permettre une intervention immédiate avant qu’un système compromis ne propage les dommages à grande échelle.

Dans un monde “AI-first”, la sécurité devient le socle qui permet de prendre en temps réel des décisions réellement fiables. Elle est ce qui permet aux organisations d’avancer vite, sans aller dans la mauvaise direction. C’est elle qui fera la différence entre une IA qui renforce la confiance… et une IA qui la détruit.

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