L’intelligence artificielle ne transforme plus seulement les outils utilisés par les organisations, mais redéfinit aussi les métiers qui les font fonctionner. Les équipes infrastructure et opérations devraient être les prochaines à connaître une profonde évolution, à mesure que les agents d’IA prennent en charge une part croissante des tâches quotidiennes.
Mike Anderson, Chief Digital and Information Officer chez Netskope, explique comment cette transition va déplacer la valeur de ces équipes, moins vers l’exécution opérationnelle et davantage vers la supervision, la gouvernance et le contrôle des systèmes autonomes :
« Nous constatons déjà que le processus de développement logiciel évolue radicalement, l’IA écrivant, testant et révisant de grandes portions de code, tandis que les développeurs passent de la rédaction de code à son orientation et à sa vérification. Le groupe qui sera le prochain à être impacté, et dont le rôle sera le plus différent dans trois ans, est celui des équipes en charge de l’infrastructure et des opérations. Aujourd’hui, ce métier consiste à maintenir les systèmes en fonctionnement, c’est-à-dire traiter les demandes de service, effectuer le provisionnement, appliquer les correctifs, assurer la surveillance et gérer la file des incidents. Une grande partie de ce travail est déterministe et fondée sur des règles, soit un travail prévisible et répétitif dans lequel les agents IA deviennent de plus en plus performants. D’ici trois ans, une grande partie de ces tâches sera prise en charge par des systèmes autonomes capables de répondre aux demandes courantes à tout moment, ainsi que de détecter, diagnostiquer et résoudre eux-mêmes les problèmes.
Cela ne rend pas l’équipe moins précieuse, cela change sa raison d’être. Le travail passe de l’exécution des opérations à leur gouvernance, de la gestion de l’infrastructure à la gestion des agents qui administrent l’infrastructure. Lorsqu’une demande d’accès ou une tâche de provisionnement est réalisée en quelques secondes par un agent plutôt que de passer par une file d’attente, et quand une panne est résolue avant même que quelqu’un ne soit alerté, les compétences les plus rares deviennent la définition des garde-fous, la décision de ce qu’un agent est autorisé à faire sans intervention humaine, et la prise en charge des conséquences lorsqu’une action autonome tourne mal à deux heures du matin. Pour moi, c’est là que réside le point critique : un agent capable de clôturer un ticket ou de résoudre une panne peut également accorder le mauvais accès ou provoquer une panne, ce qui explique précisément pourquoi cette évolution doit être conçue avec une approche axée sur la sécurité dès le départ. La valeur de l’équipe se déplace résolument vers la supervision, le contrôle et le jugement.
Le titre du poste pourra rester le même, mais le centre de gravité se déplace, passant de l’exploitation des systèmes à leur supervision. Une nouvelle discipline émerge pour répondre précisément à ce besoin, souvent appelée agentic platform engineering, qui consiste à concevoir et à gouverner les plateformes, les garde-fous et les capacités d’observabilité permettant à des flottes d’agents de fonctionner de manière sûre et fiable. Les personnes les plus précieuses au sein de l’équipe seront celles qui définissent la manière dont ces agents doivent se comporter, qui détectent leurs erreurs et qui portent l’expérience des incidents passés, une expérience qu’aucun modèle ne peut reproduire. Cette même évolution valorise davantage les personnes qui décident de ce qui mérite réellement d’être construit, car lorsque l’exécution devient peu coûteuse, la clarté devient le facteur limitant. »