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Actualité des entreprises

OSS Ventures dévoile une étude sur la maturité de la digitalisation industrielle l article

Publication: 8 juillet

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Seulement 2,4 % des usines ont atteint la pleine maturité IA L’étude révèle que le principal frein au déploiement de l’IA n’est plus la technologie, mais la structuration des données, des processus et des savoir-faire.

OSS Ventures, venture studio spécialisé dans la création de logiciels industriels B2B, publie les résultats d’une étude inédite sur la maturité digitale et l’adoption de l’intelligence artificielle dans l’industrie manufacturière. Menée à partir de 914 diagnostics de terrain réalisés entre 2019 et 2026 dans 14 secteurs industriels européens, cette étude montre que la grande majorité des industriels restent bloqués au stade des expérimentations, loin d’une adoption créatrice de valeur.

Une maturité IA encore réservée à une minorité

Les résultats mettent en évidence un décalage important entre l’intérêt croissant pour l’intelligence artificielle et sa mise en œuvre concrète. Les principaux enseignements sont les suivants :

- Maturité rare : seulement 2,4 % des entreprises évaluées ont atteint le niveau 4, le stade où l’IA devient un centre de profit et non un pilote isolé.
- Une majorité à l’arrêt : 92 % des entreprises restent au niveau 2 ou en dessous, curieuses ou en phase de test, mais sans rien qui ait réellement changé d’échelle.
- Un écart sectoriel marqué : l’automobile affiche le score de maturité moyen le plus élevé (2,69 sur 4), contre 1,86 pour l’agroalimentaire.
- Un avantage financier qui se creuse : les entreprises arrivées au niveau 4 affichent un avantage structurel de 4 à 9 % d’EBITDA, qui se renforce chaque trimestre.
- Un effet de taille net : aucune entreprise de moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires évaluée n’a atteint le niveau 4, contre près d’une sur cinq au-delà de 200 millions d’euros.

Une prise de conscience qui ne se traduit pas encore en résultats

Entre 2019-2021 et 2022-2024, la maturité moyenne des entreprises évaluées n’a progressé que de 1,95 à 2,22 sur une échelle de 4, alors que le nombre d’entreprises sollicitant un diagnostic a doublé sur la même période. L’intérêt pour l’IA industrielle progresse plus vite que les résultats concrets.

Le retard ne se limite pas à un secteur ou une taille d’entreprise en particulier. Cinq secteurs, dont l’agroalimentaire, l’énergie et le transport-logistique, ne comptent aujourd’hui aucune entreprise au niveau 4.

« L’IA n’est plus un problème de technologie. Les outils existent et sont accessibles. Ce qui distingue les entreprises qui créent de la valeur de celles qui accumulent les pilotes, c’est leur capacité à structurer leurs données, leurs processus et leur organisation. L’industrie entre aujourd’hui dans une nouvelle phase : celle de l’industrialisation de l’IA. » Renan Devillieres, fondateur d’OSS Ventures

Un écart qui n’est ni technologique ni budgétaire

L’étude montre que dans 96 % des entreprises évaluées, la maturité opérationnelle et la maturité digitale progressent au même rythme : une entreprise en avance sur ses process l’est aussi sur le digital, et inversement. L’écart ne s’explique donc ni par l’accès à la technologie, à la portée de toutes les tailles d’entreprise, ni par le budget disponible.

Trois constats reviennent systématiquement dans les diagnostics menés sur le terrain :

- Dépendance à Excel : un processus critique repose encore sur un tableur reconstruit chaque semaine par une seule personne, dans la quasi-totalité des sites visités.
- Savoir non documenté : environ un tiers des règles qui font tourner une usine ne sont écrites nulle part et n’existent que dans la tête d’un petit nombre d’opérateurs expérimentés.
- Pilotes qui ne passent pas à l’échelle : la majorité des échecs ne sont pas des échecs de lancement, mais des pilotes réussis qui ne survivent pas à l’absence de pilotage, de gouvernance des données ou de plan de suivi des gains.

Ces éléments soulignent que la technologie n’est plus le principal frein à l’adoption de l’IA ; c’est la structuration des données, des processus et des savoir-faire qui fait la différence entre les entreprises qui créent de la valeur et celles qui restent bloquées aux expérimentations.

Des écarts de maturité importants selon les secteurs

La maturité numérique varie fortement selon les filières industrielles.

L’automobile arrive en tête avec un score moyen de 2,69 sur 4, devant l’aérospatiale et la défense (2,33), les biens de consommation (2,29) et l’électronique (2,23). À l’inverse, l’agroalimentaire affiche le niveau de maturité le plus faible (1,86 sur 4), devant l’énergie (2,00) et plusieurs secteurs industriels dont les équipements industriels, l’emballage et les autres industries manufacturières (2,02 ou moins).

Plus largement, cinq secteurs, dont l’agroalimentaire, l’énergie et le transport-logistique, ne comptent aujourd’hui aucune entreprise ayant atteint le niveau 4, celui où l’intelligence artificielle est pleinement intégrée aux opérations et génère un avantage compétitif durable.

Une nouvelle étape pour l’industrie

Pour OSS Ventures, l’enjeu n’est plus de lancer de nouveaux projets pilotes, mais de transformer durablement les opérations industrielles. Les entreprises qui réussiront cette transition seront celles qui sauront capitaliser sur leurs savoir-faire, fiabiliser leurs données et intégrer l’intelligence artificielle au cœur de leurs processus métier. Les entreprises les plus matures démontrent déjà qu’une telle approche peut générer un avantage structurel de 4 % à 9 % d’EBITDA.

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